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Rencontre du CNI avec le Ministre de L’Intérieur

 
Imam DOSSO : Excellence M. le Ministre, nous sommes le Conseil National Islamique. Nous avons demandé à vous rencontrer ce matin pour parler du pèlerinage parce c’est vous qui avez en charge ce dossier. Nous sommes accompagnés par des structures organisatrices du pèlerinage. Elles ont demandé à vous rencontrer demain parce qu’elles ne sont pas toutes présentes.

Président Koudouss : Monsieur le Ministre, je ne saurais commencer sans vous dire grand merci, je tiens à vous féliciter, les gens parlent souvent du hasard mais chez nous en Islam, il n’y a pas de hasard. Rien ne peut se produire sans une cause. Monsieur le Ministre on vous a plusieurs fois entendu sur les antennes pour parler de plusieurs sujets concernant notre pays. Même si vos points de vue n’étaient pas partagés par tous. Cette nouvelle situation que connaît notre pays est voulue par Allah. Nous pensons que vous avez contribué à cela. Vous avez su tirer de l’inspiration divine. Si ce que vous vouliez n’était pas bien pour la Côte d’Ivoire, Allah n’allait pas vous inspirer. Vous avez accepté d’aller à Ouagadougou discuter avec vos frères. Nous les musulmans sommes sûrs que la paix est là. L’histoire nous enseigne qu’aucun peuple ne peut se développer sans les épreuves. Le développement d’une Nation passe d’abord par des moments difficiles. En nous retrouvant avec vous aujourd’hui, on ne peut qu’être heureux. Parce que quand on parle de sécurité, il s’agit de la sécurité de toute la Côte d’Ivoire. J’entend souvent dire que les Imams maudissent les chefs. Ce n’est pas le cas, les Imams ont toujours prié pour tous les chefs. C’est Allah Seul qui peut le faire à sa convenance.

Le Ministre Désiré TAGRO : Je vais répondre à ça d’abord parce que si un homme d’Allah parle avec beaucoup d’émotions, avec son cœur, je ne souhaiterais pas oublier des choses aussi importantes dans le développement des choses terrestres. Ce matin, j’ai parlé, j’ai dit des choses dures mais aussi douces. Mais, ce que je veux dire, c’est qu’un homme doit parler de ce qu’il croit. Tu peux avoir tort mais tu es convaincu que tu as raison au moment où tu parles. C’est après que tu peux te rendre compte que tu as tort parce que la vérité c’est après qu’on la découvre. Si on ne croit pas en ce que tu dis au moment où tu parles, ça n’a plus de sens. Dans un siècle après les gens diront que tel avait dit ceci mais il avait tort pacque voilà ce qui s’est passé après. Il y a le cas d’Hitler comme un exemple. Mais aujourd’hui, l’histoire retient qu’il a été le plus grand criminel de tous les temps. Je veux dire que chacun doit parler selon sa propre conviction.

On s’est opposé à tout le monde (aux rebelles, à la France, au RDR, au PDCI, à la communauté internationale). Mais après j’étais aussi convaincu qu’il fallait discuter avec les autres. L’ONU a pris une résolution en son temps pour dire certaines choses. Nous avons répondu que nous les remercions de n’avoir pas eu à toucher à notre constitution et qu’on appliquera que celle-ci. On était sûr qu’on avait raison comme chacun pensait qu’il avait raison. Mais le constat était clair avec la guerre toujours présente et le pays divisé. Il fallait nécessairement sortir de cette situation qui pesait lourd sur la population. C’est ainsi que nous avons commencé à préparer les négociations. C’est Allah qui a favorisé le succès des négociations de Ouagadougou, c’est Lui qui a guidé nos discussions. C’est pourquoi, je dis qu’il faut que je réponde avant que vous ne continuez, parce que vous parliez d’Allah. Je suis chrétien depuis 1971. On priait plus à Ouaga qu’on ne priait ici. On jeûnait beaucoup, il n’y avait qu’Allah Seul comme appui. A Ouagadougou, on était convaincu qu’on avait la paix ; il fallait attendre seulement les autres pour revenir à Abidjan. Quand on arrive à Ouagadougou aujourd’hui tout le monde est content. Mais nous avons compris que si tu parles mal des gens, si tu ne connais personne et si tu ne sais rien, ce n’est pas bon pour toi. C’était le cas au début de Ouagadougou, mais Allah nous a permis de surmonter tous ses obstacles. Aussi, il faut être courageux, ne pas être peureux, je veux vous dire que c’est Allah qui nous a permis de réussir ces discussions. C’est dans ces situations qu’on se rend compte que Seul Allah est au dessus de tout.

Koudouss : Je vais commencer par la genèse du pèlerinage en Côte d’Ivoire. Depuis l’indépendance en 1960 jusqu’en 1993 c’est l’État qui organisait le pèlerinage par l’entremise du Ministère de l’Intérieur. A partir de 1993, il y a eu la réorganisation du pèlerinage avec un Imam à la tête (ma modeste personne). Le Ministre Léon KONAN KOFFI de l’intérieur représentait le chef de l’État à l’investiture. Nous lui avons présenté nos doléances dont l’organisation du pèlerinage par les musulmans. En 1993, nous avons effectué le pèlerinage ensemble toute la Côte d’Ivoire. Après la réussite de ce pari, nous avons été félicité par le Roi FAD et nous avons été désigné comme porte- parole de toute l’Afrique pour les questions du pèlerinage. En 1994, des associations qui étaient avec nous, nous ont quittés pour organiser le leur. C’est ainsi qu’au fil des années, de nouvelles associations vont se créer et Monsieur le Ministre depuis 94 jusqu’aujourd’hui nous avons toujours eu des problèmes dans l’organisation du pèlerinage.

A cause de cela tous les pèlerins ne réussissaient pas à partir. Mais ces problèmes étaient gérés. Il y a une année ou plus de 100 personnes n’ont pu effectuer le hadj. Pour le pèlerinage 2006 bis, il y a eu l’échec et personne ne peut dire qui est fautif. On s’accuse de part et d’autre. Il n’y a pas de confrontation. En politique cela n’existe pas. Mais pour ce cas de pèlerinage et aucune association ici présente ne peut donner une information sur l’origine de l’échec du hadj. Monsieur le Ministre avant que les techniciens vous donnent de plus amples informations, je souhaite qu’il y ait une diminution des organisateurs du hadj 2007.

Le Ministre Désiré Tagro : C’est une question de principe, si cela est résolu, les détails techniques pourront être utiles. Parce qu’il s’agit de démontrer comment bien organiser un hadj. Mais nous n’y sommes pas encore. La question est de savoir si ce hadj c’est l’État qui l’organise ou les associations ? Si on réussit à répondre à cela, on saura que faire pour la suite. Avant d’être Ministre de l’intérieur, j’ai suivi de loin depuis la présidence tous les problèmes auxquels Bamba Cheick était confronté. Je suivais tout cela parce que ma femme aussi est musulmane et donc la question nous préoccupait tous. La question que je me posais, c’est comment des gens ne peuvent pas avoir un avion alors qu’ils ont payé ?

Après, j’entends qu’ils sont deux mille à ne pas pouvoir partir, puis on apprend que leur argent n’est même plus là. La première chose que j’ai prévue, c’est une direction des cultes.

C’est vrai que l’Etat est laïc mais il ne peut pas laisser les vendeurs d’illusions escroquer les citoyens. Il y a aussi des conflits inter-religieux, souvent c’est pour avoir le pouvoir. Chacun veut être le maître de l’organisation à cause des privilèges. On ne sait pas ce qui se dit dans les temples et dans les mosquées. On ne sait pas au nom de qui les gens parlent, si c’est au nom d’Allah ou des hommes politiques ou des Imams ou des prêtres et pasteurs. C’est vrai que le pèlerinage à la Mecque est le plus grand au monde. Le pèlerinage doit être fait. Quand on parle de pèlerinage ceux qui l’on fait et ceux l’ont pas encore fait sont tous concernés.

Le Ministre de la communication Ibrahim SY SAVANE est un homme pieux. Rien qu’à le voir on le sait. Chaque fois, il s’intéresse à la question. Un Ministre de l’intérieur ne peut pas toujours être aux prises avec les musulmans. Ce n’est pas possible, donc il faut créer un office qui se chargera de toutes les questions religieuses ou un office spécial pour le pèlerinage à la Mecque.
-  Le problème est qu’il faut qu’on s’entende sur qui va organiser le pèlerinage.
-  Le deuxième problème c’est l’argent de ceux qui n’ont pas réussi à effectuer le pèlerinage 2006 bis. Il faut qu’on sache qui sont ces gens. On avait un nombre approximatif, mais on n’a pas la liste complète. Là, il ne faudrait pas que des gens viennent me demander l’argent.

Koudouss : Merci Monsieur le Ministre d’avoir répondu à ma question. Nous voulons que les associations soient impliquées dans ce que vous faites. On parle du pèlerinage et ceux qui sont concernés n’en savent rien. Aujourd’hui Bakary Shérif ne doit plus. Les pèlerins viennent toujours frapper à sa porte. Nous avions 408 pèlerins qui ne sont pas partis. On nous harcèlent dans nos bureaux. Ce qu’on nous dit c’est que des négociations se poursuivent à Jeddah. On ne sait pas qui sont ces personnes. Et les concernés, c’est-à-dire les associations qui ont les pèlerins sous la main ne sont pas associées. Ce que vous proposez c’est le bon schéma. On doit demander au CNOPM pourquoi leurs pèlerins ne sont pas partis, où avez-vous fait les versements, quelles dépenses avez-vous effectuées ? Il appartient donc au Ministre de demander à chaque association ce qu’elle a fait de l’argent des candidats au hadj.

Le Ministre Désiré TAGRO : Nous n’allons pas nous mêler des problèmes inter religieux sinon on ne s’en sortira pas.

Koudouss : Merci Monsieur le Ministre. Nous sommes très contents. Nous allons parler entre nous les musulmans. Pour le problème d’office, je souhaite que ça se fasse avec vous.

Le Ministre Désiré TAGRO : Ce sont des propositions qui ont été faites vous pouvez en faire autant ou quand une proposition sera adoptée vous ferez vos propositions. Les autres aussi feront leur proposition. Un séminaire sera organisé à l’issue duquel tout sera établi (le fonctionnement etc ;).

Bakary Shérif :

Koudouss : Les associations organisatrices du hadj se sont regroupées pour former une fédération, je souhaite aussi que cette fédération soit impliquée.

Le Ministre Désiré TAGRO : Faites un communiqué officiel à la radio, à la télé et dans la presse.

Koudouss : Monsieur le Ministre nous vous remercions. Nous avons commencé par la prière et nous allons terminer par la prière

 
Publié le lundi 14 avril 2008

 
 
 
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  Mis à jour le vendredi 5 mars 2010